Gilles CUSY et Michel MARAVAL
" Habiter, la matière et l'idée "
Mardi 22 mai 2012, salle du Sénéchal, 19h00
Extrait des conversations [1] sur : www.cusymaraval.com
- Un projet c’est développer une idée.
Une idée au début ce n’est pas forcément très défini et ça n’appartient à personne en particulier. Dès qu’elle est formulée, elle devient libre. Elle est discutable, critiquable. Parfois au moment où elle est formulée, elle est déjà abandonnée. Je me rends compte que c’est une erreur. J’évite volontairement de trop la développer avant de t’en avoir parlé pour ne pas m’y attacher.
- Je crois que tu as un bon jugement. Parfois j’ai une idée, je ne sais pas qu’en penser personnellement mais j’ai le sentiment de savoir ce que toi tu vas en penser.
- Ça n’a pas toujours été comme ça. Il faut du temps pour arriver à ça. Parler des idées que l’on a sans s’y accrocher à mort et accepter qu’elles soient développées par toi, ou bien fusillées.
C’est le résultat qui m’a fait évoluer sur ce point. Avec le recul [quelques années après] je vois le projet et je me dis que tu avais raison sur tel ou tel point. Au début ta
radicalité m’effrayait et puis elle est devenue un élément essentiel de ma propre façon de penser.C’est difficile de dire ce qu’on amène dans un travail commun. C’est plus facile d’appréhender la
part de l’autre.
- Je suis incapable de dire sur un projet qu’elle est ma part qu’elle est la tienne. Je me rappelle de points particuliers de désaccord sur certains projets mais ensuite, tout cela est
tellement dilué dans la masse du travail commun que l’influence de telle ou telle décision n’est plus perceptible.
- Ça fonctionne par "tests" successifs. C’est normal d’avoir de l’empathie pour l’idée que tu développes même si elle n’est pas totalement évidente ; tu t’arranges avec toi-même. Tu te mens un
peu. Mais là quand on est deux, un peu «brut» comme nous, le retour est radical. Avec le temps, je crois qu’on a appris à accepter nos critiques réciproques. A comprendre qu’elles ne sont
destinées qu’à l’idée qu’on développe.
- En fait, on ne fait que ce sur quoi on est d’accord tous les deux. Ça prend parfois un peu de temps, mais une fois que l’on y est, on remet rarement en cause les décisions.